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Des
lignes de transport régulières sont ouvertes vers la Lune
et Mars.
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Un avant poste est développé sur Mars, son équipage
peut être renouvelé tous les 3 mois.
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Le tourisme spatial dispose de ses propres installations en orbite basse.
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Une station permanente est construite sur la Lune, dotée d’une
catapulte électromagnétique.
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L’aménagement de l’espace proche de la terre est entièrement
repensé ; une nouvelle ISS est ancrée au point de Lagrange
L5.
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Les premiers produits « made-in-space » sont envoyés
vers la Terre.
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Des hyper-instruments observent, autour des étoiles voisines, des
exo-planètes telluriques.
TEMPS
2
PERMANENCE
ET
AMENAGEMENT
Les
vols vers Mars sont désormais réguliers, sur ce que
certains appellent déjà la « nouvelle route de la soie
». La puissance accrue des vaisseaux a sensiblement réduit la
durée du voyage, et les équipages d’explorateurs se succèdent
à un rythme soutenu, tous les trois mois. Le confort s’améliore
lors de la traversée. Des zones habitables, en très lente rotation,
reproduisent une pesanteur artificielle facilitant la vie à bord, et
dispensant de la difficile période d’adaptation lors du retour
dans un champ de gravité naturel. Les équipages savent qu’en
cas de besoin, la Terre pourra leur envoyer en urgence des petites charges
utiles. Elles seront acheminées, en quelques semaines seulement, par
un moyen extrêmement efficace et économique : des voiles solaires
de cent mètres de diamètre emportant - dans des conteneurs n’excédant
pas cinq cent grammes - des médicaments, des équipements de
secours, … et des cartes postales.
La
première richesse de Mars, ce sont ses paysages. Au pied des
glaciers de la calotte polaire, au sommet du volcan Olympus Mons, dans les
champs de dunes d’Utopia Planitia, les complexes habités se développent.
A côté des serres hydroponiques fournissant aux « martiens
» une nourriture suffisante – bien que de qualité moyenne
– de véritables usines puisent de l’oxygène et de
l’hydrogène dans l’environnement. Une longue piste est
construite, de laquelle des planeurs – dotés de moteurs-fusées
d’appoint – partent en reconnaissance tout autour de la petite
planète, dont la surface n’excède pas celle des continents
terrestres. Lors d’une expédition délicate sur les flancs
du canyon Valles Marineris, un rover tout-terrain manque de s’engouffrer
dans une crevasse : il s’agit en réalité de l’entrée
d’une grotte, dont la chambre principale se révèle parsemée
de stalactites et de stalagmites …
Une
des plus spectaculaires réalisations est la « catapulte
» électromagnétique propulsant, sur un rail long
de dix kilomètres, des petits wagonnets qui iront satelliser dans leur
élan des chargements de minerais. Pour la première fois, de
l’énergie électrique est utilisée pour envoyer
des charges utiles dans l’espace. Celle-ci est produite par une centrale
nucléaire. Il avait bien été envisagé dans un
premier temps construire d’immenses champs de panneaux solaires, mais
la nuit lunaire est longue et cette solution posait trop de problèmes
de stockage d’énergie. Peut-être en sera-t-il autrement
lorsque deux stations solaires, reliées par une ligne de câbles
haute tension, seront construites sur des faces opposées de la Lune.
A moins qu’une « Solar Power Station », dont le premier
prototype est en cours de test près de la Terre, soit placée
sur une orbite lunaire et renvoie par son faisceau de micro-ondes l’énergie
solaire puisée en orbite.
L’aménagement
de l’espace est entièrement repensé : l’ISS
est conservée, mais transformée en « gare de transit »,
point de rencontre des avions-navettes en direction de la Terre, et des «bus»
en direction de la Lune. Des financeurs privés parviennent à
convaincre les grandes agences spatiales de leur concéder quelques
modules à bord de l’ISS, dédiés à l’accueil
des touristes spatiaux. L’extraordinaire spectacle de la Terre vue du
ciel justifie à lui seul le voyage, mais déjà d’autres
projets étonnants sont à l’étude, pour des clients
à la recherche de sensations fortes : on construira des cours de tennis
en apesanteur, les règles du jeu ayant été il est vrai
sensiblement modifiées ; une piscine, avec son dôme panoramique,
permettra pour la première fois de nager au-dessus de l’océan
; plus tard, un stadium géant accueillera des compétitions sportives
d’un nouveau genre …
L’ère
est à la modularité. Des équipements standards,
et «emboîtables» comme des pièces de meccano, répondent
à toutes les fonctions, dans tous les environnements et toutes les
configurations possibles : modules d’habitation destinés aux
stations spatiales, lunaires, et martiennes ; modules scientifiques ; panneaux
solaires ; conteneurs de marchandises ; réservoirs d’hydrogène
et oxygène liquide ; unités de production atmosphérique,
…Selon les besoins d’une mission, de nouveaux engins sont conçus
en des temps records en « piochant » dans le catalogue de ces
nombreuses ressources. Si les équipements les plus sophistiqués
sont toujours fabriqués sur Terre, certains – en particulier
des armatures métalliques lourdes – sont forgés sur la
Lune, puis envoyés dans l’espace à un coût très
faible via la catapulte électromagnétique.
Les sondes automatiques
poursuivent leur exploration de toute la « carte » du système
solaire. Pour la sécurité des astronautes, un système
de surveillance rapprochée du Soleil est mis en service : son but
est de prévenir le plus tôt possible tous les hommes présents
dans l’espace, sur la Lune, ou sur Mars, d’une éruption
solaire imminente, et de leur donner le temps de se réfugier dans
des abris qui les protégeront durant les quelques dizaines de minutes
de l’orage. Des « hyperinstruments », basés sur
des constellations de satellites distants de quelques kilomètres
– ou quelques millions de kilomètres – sont consacrés
aux recherches de physique fondamentale, scrutant les particules élémentaires,
et mesurant « sur le terrain », le bien fondé de théories
sur la nature de la matière, du temps, et de la gravitation. D’autres
se tournent vers le ciel profond, les galaxies, et les témoignages
du Big Bang.
A quelques dizaines
d’années-lumière seulement, une exo-planète tellurique
– c’est-à-dire de nature comparable à celle de
la Terre – est enfin photographiée. L’analyse spectrale
de son atmosphère fait apparaître des traces d’oxygène.
D’autres territoires ?
On
en sait désormais un peu plus sur l’environnement martien. Une
question focalise toujours les recherches des exo-biologistes : la
vie existe-t-elle, sous une forme ou sous une autre, dans les couches profondes
de la planète ? Contrairement à la Terre, Mars ne dispose
ni d’un champ magnétique protégeant des dangereuses particules
ionisées issues du vent solaire, ni d’une couche d’ozone
absorbant les rayonsultraviolets. Sa surface est donc naturellement aseptisée,
et si la vie existe, elle a dû se réfugier dans le sol, là
où subsiste l’eau des anciens océans disparus il y a quelques
milliards d’années. Des recherches comparables se poursuivent
ailleurs, à l’autre bout du système solaire : une sonde
automatique vient de débarquer sur Europe, un des satellites de Jupiter,
où une foreuse a traversé son épaisse couche de glace
pour atteindre l’océan liquide. Ces conditions sont extrêmes,
mais on sait que la vie a déjà été observée
sur Terre même dans les fosses marines les plus inhospitalières.


D’autres
stations habitées, capables bientôt d’héberger plus
d’une centaine d’astronautes, sont construites sur la Lune.
Ici aussi l’exploration reste une activité majeure. Mais une
autre, plus pragmatique, mobilise des ressources croissantes : l’exploitation
industrielle du sous-sol lunaire. Il est clair que l’objectif visé
– encore lointain – est de développer hors de la Terre
une activité économique rentable, et totalement autonome.
On envisage
d’abandonner l’ancienne International Space Station (ISS), qui
tourne toujours à 400 kilomètres de la Terre. Une présence
humaine permanente est-elle encore nécessaire en orbite basse ? Des
satellites automatiques peuvent parfaitement effectuer la majorité
de ses tâches, au demeurant souvent fastidieuse pour des astronautes
qui ont sans doute mieux à faire plus haut dans le ciel, en assurant
notamment la bonne rotation des « bus » spatiaux en partance,
chaque semaine, pour la Lune.






Une
seconde station internationale est assemblée sur le point de Lagrange
L5, entre la Terre et la Lune. Bien plus grande, elle accueille dans
d’excellentes conditions de confort une équipe de scientifiques
– et, il est vrai, de militaires –, à bord d’une
roue géante reproduisant une gravité artificielle. Les laboratoires
de recherche sont ancrés, indépendamment, à quelques
kilomètres de distance : la qualité de la micro-gravité
sur ces plates-formes inhabitées est bien meilleure que dans le passé
sur l’ISS, où de multiples vibrations – dues ne serait-ce
qu’aux déplacements des astronautes – venaient perturber
les expériences, au point qu’il était préférable
d’en programmer certaines « de nuit », lorsque du sommeil
de l’équipage. Malgré des débuts difficiles, les
technologies de la « micro-gravité » sont enfin relancées,
et les premiers produits manufacturés « made-in-space »
sont envoyés sur Terre.
TEMPS
2 : PERMANENCE
ET AMENAGEMENT
Module
lunaire - Image O.Boisard
Lac gelé
sur Mars. Photo: ESA/Mars Express
Station
lunaire - NASA
Catapulte
électromagnétique - Image O.Boisard
Station
spatiale - Image O.Boisard
NASA
JALONS