Archipel
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Prospective de l’exploration spatiale
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© Olivier Boisard - 2006-2013
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De nombreux points importants restent à approfondir. Citons-en quelques uns :
La sécurité
Vivre à Apogeios est probablement moins dangereux que de vivre sur Terre. Etant bien protégé des radiations cosmiques et des bouffées de colère du Soleil, le seul risque extérieur est l'impact d'une météorite. Compte tenu de la taille des habitats, un "caillou" n'entraîne qu'une fuite presque négligeable difficile à mesurer sur le moment. Seul un "rocher" pourrait entraîner une dépressurisation rapide mais la probabilité d'un tel événement est extrêmement faible.
Par contre, la cité n'est pas à l'abri d'un accident de type incendie ou explosion, pollution ou épidémie. C'est pourquoi, elle doit être conçue pour confiner le sinistre, quoiqu'il arrive. La solution passe, en particulier, par le cloisonnement des zones à risques comme on l'a déjà évoqué à propos des serres.
Enfin, il est possible d'évacuer la population d'un habitat en l'installant provisoirement en zone industrielle ou vers une cité voisine à l'aide d'une centaine de "chaloupes" amarrées à demeure, comme sur un navire.
Le bilan masse
Sur la base de calculs préliminaires et d'estimations, le tableau ci-dessous donne les ordres de grandeur des masses des différents éléments de la cité.

Soit 75 T / habitant. On peut faire quelques comparaisons:
• avec l'ISS, seul habitat spatial d'aujourd'hui: 67 T / spationaute (6 au maximum pour un ensemble de plus de 400 T).
• avec le célèbre "France": 19 T / personne (paquebot de 57000 T de déplacement, 300 m de long, 34 m de maître-bau, 12 ponts, 2000 passagers et 1000 membres d'équipage).
• avec la tour Montparnasse: 30 T / personne (209 mètres de haut, 150 000 tonnes, 59 étages de 1 700 m2, 5 000 personnes y travaillent en moyenne).
Les moyens de transport
Différents types de véhicules assureront des besoins spécifiques :
• des "vraquiers" et/ou des catapultes pour le transport de minerais et de matières premières en provenance de la Lune et des astéroïdes,
• un parc d'engins de service pour les équipes de surveillance et d'intervention sur le site ainsi que sur la Lune et les astéroïdes.
• des "paquebots" ou "liners" pour les liaisons entre la cité et une orbite basse terrestre desservie par des navettes lancées depuis le sol et capables ensuite de rentrer dans l'atmosphère et d'atterrir.
Les navettes de fret et de transport de passagers peuvent s’arrimer à la station sur deux docks situés au niveau de l’axe de rotation. De là, il est possible de charger / décharger des containers de marchandises stockés à l'extérieur. Des sas permettent de transférer passagers et fret à l'intérieur de la zone industrielle (pressurisée) puis d’être acheminés jusqu’aux habitats via les tunnels de liaison.
La construction
Une préparation longue et importante doit précéder la construction d'Apogeios. Ce programme initial "d'industrialisation de l'Espace" permettra, en premier lieu, de produire, sur place et en grandes quantités, l'aluminium des structures, l'acier des câbles, le ciment pour la protection GCR, la silice et le silicium pour les verrières et les cellules solaires, l'azote, l'eau et l'oxygène nécessaires aux habitants et aux cultures, les matières plastiques ainsi que l'oxygène et l'hydrogène liquides pour les moyens de transport à propulsion fusée.
A cette industrie de base, s'ajoutera celle de nombreux produits finis: alliages métalliques, fluides et ingrédients divers. Mais les produits très élaborés, comme les médicaments ou les puces électroniques continueront à venir de la Terre.
Même très automatisées, les industries minières et de transformation et surtout la construction de la cité nécessiteront la présence de l'homme in situ. Tout ne sera pas contrôlable ou opérable à distance et l'aptitude des robots à s'adapter aux situations imprévues et accidentelles est une perspective lointaine (mais qu'on ne peut exclure).
Plus que des "baraques de chantier", des "bases-vie" seront donc nécessaires. Plus spacieuses et surtout plus autonomes que les stations orbitales actuelles, elles préfigureront la cité à venir. Outre leur rôle dans l'industrialisation puis la construction, elles permettront de qualifier nombre de fonctions essentielles comme la gravité artificielle, la culture en serres, le recyclage de l'air et de l'eau, le contrôle des écosystèmes et la sécurité.
Le potentiel de croissance
Il est possible d'augmenter la capacité d'accueil de la cité mais mieux vaudra construire une nouvelle ville aux alentours et ainsi de suite (avant d'essaimer plus loin). L'idée d'O'Neill était de créer un archipel au point de Lagrange où vivraient des centaines de milliers, voire des millions d'humains. Les villes se différencieraient comme sur Terre avec des spécialités industrielles, culturelles ou de loisirs. Il faut noter que les transports interurbains ne coûteraient rien ni en énergie ni en temps.
De même pour l'agriculture, les ateliers industriels et l'énergie électrique, des installations supplémentaires peuvent être construites à proximité. Par exemple, une centrale électro solaire, située à distance, pourrait transmettre l'énergie produite par un faisceau de micro-ondes ou un faisceau laser comme proposent de le faire les promoteurs des SPS pour alimenter la Terre. On pourrait également introduire l'élevage de cette manière, sans risque d'interférence avec les écosystèmes de la cité.
Pour finir …
Parce que cela résume bien notre vision, citons le célèbre astrophysicien Stephen Hawking:
"Je crois que l'humanité n'a aucun avenir si nous ne nous rendons pas dans l'espace. Nous devons élargir nos horizons au-delà de la planète Terre si nous souhaitons un futur à long terme. Nous ne pouvons plus nous regarder le nombril sur cette petite planète surpeuplée et de plus en plus polluée. Nous devons nous tourner vers l'extérieur, vers le cosmos. Cela nécessitera du temps et des efforts, mais plus notre technologie avancera, plus ce sera facile."
Références
Ne sont cités ici que les références directement utilisées pour cette notice. Il y en a évidemment de nombreuses autres.
[1]Gerard K. O'Neill, The High Frontier, Space Studies Institute Press, Princeton, New Jersey (1989)
[2]Jean Dunglas, L'Homme et ses écosystèmes dans l'Espace, note de travail (2007)
[3]Donald Rapp, Radiation Effects and Shielding Requirements in Human Missions to the Moon & Mars Comparison of Martian meteorites and Martian Regolith as Shield Materials Galactic Cosmic Rays, Citation: Mars 2, 46-71, (2006)
[4]Dominique Presles - Dominique Paulet, Architecture navale, éditions de la Villette, Paris (2005)
APOGEIOS, un concept de ville spatiale
Pierre Marx & Olivier Boisard







© Olivier Boisard & Pierre Marx - 2011






